Pension de réversion : les conditions à remplir pour en profiter

Un chiffre, une règle, et la vie bascule : la pension de réversion, ce filet de sécurité méconnu, redistribue jusqu’à 54 % des droits du conjoint disparu. Mais derrière la promesse, un parcours semé de conditions. Tout le monde ne coche pas les bonnes cases, loin de là.

Être le conjoint reconnu aux yeux de la loi

Seule une union officielle ouvre la porte à la pension de réversion. Ni pacs, ni concubinage, même en présence d’enfants, ne donnent accès à ce droit. Seul le mariage compte, quelle qu’en ait été la durée. Après un divorce, la situation reste ouverte : chaque ex-époux peut prétendre à une part de la pension, partagée entre le conjoint survivant et les anciens partenaires, en fonction du temps passé marié avec la personne décédée. Pour éclaircir les démarches, la mairie reste une source fiable d’informations, tout comme la pension de réversion expliquée en ligne.

Le plafond de ressources, un filtre strict

Avant même de penser au dossier, il faut jeter un œil sur ses finances. Pour les finances, la règle est nette : les revenus du survivant ne doivent pas dépasser 21 985,60 € par an s’il vit seul, ou 35 176,96 € à deux. Cela inclut salaires, allocations, rentes, tout ce qui constitue les ressources du foyer. Franchir ce seuil, même de peu, ferme la porte à la pension.

La question de l’âge n’est pas anecdotique. Il faut avoir soufflé ses 55 bougies pour déposer une demande de réversion. Si le décès a lieu alors que le conjoint survivant est plus jeune, une allocation de veuvage peut temporairement prendre le relais, mais le droit à la pension de réversion attendra l’âge requis.

Où et comment faire la demande ?

Le point de départ, c’est la date du décès. Le dossier de demande doit être constitué dans l’année qui suit. Passé ce délai, certaines prestations peuvent être perdues. Pour les salariés du privé, il suffit de se rendre sur le site officiel de la CNAV et de compléter le formulaire en ligne. Pour celles et ceux issus de la fonction publique, la démarche s’opère sur le portail dédié à la retraite de l’État. Dans tous les cas, il faut rassembler pièces d’identité, preuves de mariage, justificatifs de ressources et actes de décès.

La pension de réversion n’est pas un acquis automatique, mais le fruit d’une navigation précise entre critères et démarches. Pour beaucoup, c’est aussi une réalité financière qui change tout, un filet qui se tend quand tout vacille. À la frontière de l’administratif et de l’humain, son obtention reste un levier souvent décisif, à ne pas négliger ni remettre au lendemain.

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